L'avenir des Petits Chanteurs du Mont-Royal est assuré

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Les Petits Chanteurs du Mont-Royal sont sauvés. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a décidé de maintenir l’entente qui permet aux jeunes choristes de faire leurs études secondaires payées par des fonds publics au Collège Notre-Dame, un établissement privé, malgré l’opposition de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). [...]

La Commission scolaire de Montréal avait mis fin à l’entente permettant à des garçons de fréquenter une école privée gratuitement.
Photo Oratoire Saint-Joseph 

L’avenir des Petits Chanteurs du Mont-Royal est assuré
 

Les Petits Chanteurs du Mont-Royal sont sauvés. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a décidé de maintenir l’entente qui permet aux jeunes choristes de faire leurs études secondaires payées par des fonds publics au Collège Notre-Dame, un établissement privé, malgré l’opposition de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

Selon ce que Le Devoir a appris, le gouvernement Legault doit confirmer ce lundi qu’il versera les droits de scolarité des Petits Chanteurs directement au Collège Notre-Dame, plutôt que de faire transiter les fonds par la CSDM, comme c’est le cas depuis des décennies.

Cette décision du ministre de l’Éducation met fin à une tempête qui agite les Petits Chanteurs du Mont-Royal depuis six mois. Cette véritable institution montréalaise, qui a déjà chanté pour le pape, craignait pour son existence à cause d’une décision de la CSDM.

La commission scolaire a annoncé en mars dernier qu’elle mettait fin à une entente vieille d’un demi-siècle qui permet aux Petits Chanteurs d’être scolarisés à même les fonds publics dans un collège privé. Le Collège Notre-Dame est situé juste en face de l’oratoire Saint-Joseph, où les Petits Chanteurs exercent leur art tous les jours d’école.

La plus grande commission scolaire du Québec a mis fin à cette entente hors de l’ordinaire pour une question de principe : l’entente permet à des élèves de fréquenter une école secondaire privée grâce à une subvention couvrant presque 100 % de leurs droits de scolarité. Pour mettre fin cette situation qu’elle considère comme inéquitable, la CSDM a proposé de scolariser les Petits Chanteurs dans une de ses écoles publiques — l’Académie de Roberval, située à près de 10 kilomètres de l’Oratoire, dans le quartier Villeray.

Les parents des quelque 200 Petits Chanteurs ont rejeté catégoriquement la proposition de la CSDM : ils n’ont rien contre l’école publique, mais ils refusent d’imposer à leurs enfants des déplacements de 10 kilomètres chaque jour entre l’Oratoire et leur école, qui s’ajouteraient aux déplacements du matin et du midi.

Le ministre Roberge donne raison aux parents. Il considère que la CSDM a échoué à proposer une solution de rechange attrayante pour les Petits Chanteurs, malgré ses multiples mises en garde à la commission scolaire. Ce programme est un « succès sur toute la ligne », indiquent nos sources. Le taux de diplomation secondaire en cinq ans de ces jeunes garçons est presque parfait.

 

Solution pour l’avenir

Les Petits Chanteurs du Mont-Royal sont enchantés par la décision du gouvernement. L’incertitude entourant l’avenir des Petits Chanteurs a nui au recrutement d’élèves pour cette rentrée scolaire, mais l’appui du gouvernement dissipe les doutes, a souligné Pierre-Éloi Talbot, président du conseil d’administration de l’organisation. « On a du temps devant nous. On comprend que l’objectif du ministre est qu’on trouve une solution [avec une école] publique éventuellement, mais ce n’est pas vrai qu’on va jeter à terre une institution comme la nôtre », dit-il. 

Deux cents :  c’est le nombre d’élèves faisant partie du programme des Petits Chanteurs du Mont-Royal.

M. Talbot déplore le « niveau de flexibilité de la CSDM, qui n’était pas à la hauteur de nos attentes » dans cette affaire. Il espère qu’il sera plus facile de s’entendre avec le « centre de services » qui doit remplacer la commission scolaire, avec la réforme de la gouvernance promise par le gouvernement Legault.

Pierre-Éloi Talbot rêve d’une école secondaire publique qui serait construite sur le terrain de l’oratoire Saint-Joseph, chemin Queen-Mary, sur le flanc du mont Royal. Les Petits Chanteurs fréquentent déjà une école primaire publique de la CSDM, l’école Notre-Dame-des-Neiges, située sur ce terrain.

Depuis leur fondation, en 1956, par le père Léandre Brault, les Petits Chanteurs ont fait résonner leurs voix partout dans le monde, que ce soit avec Luciano Pavarotti ou Jean-Pierre Ferland, notamment, ou pour le pape Jean-Paul II.

 

Marco FortierLe Devoir

 

 

 

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