Robert Ingari invité à diriger le Chœur d'enfants de Notre-Dame de Paris

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Robert Ingari est attendu en France en juin 2020 pour diriger le Chœur d’enfants de la Maîtrise Notre-Dame de Paris.  Un bel honneur pour le professeur titulaire de l’École de musique de l’Université de Sherbrooke qui le rend plutôt fébrile, puisqu’il dirigera un chœur d’enfants pour la première fois et que ce chœur interprétera deux œuvres inédites que M. Ingari a composé expressément pour l’occasion.

Robert Ingari
Photo courtoisie 

Robert Ingari invité à diriger le Choeur d'enfants de Notre-Dame de Paris 

Robert Ingari est attendu en France en juin 2020 pour diriger le Chœur d’enfants de la Maîtrise Notre-Dame de Paris.  Un bel honneur pour le professeur titulaire de l’École de musique de l’Université de Sherbrooke qui le rend plutôt fébrile, puisqu’il dirigera un chœur d’enfants pour la première fois et que ce chœur interprétera deux œuvres inédites que M. Ingari a composé expressément pour l’occasion.

Le Chœur d’enfants de la Maîtrise Notre-Dame de Paris* est une vénérable institution qui regroupe une cinquantaine de choristes d’un niveau avancé, ce qui qui sourit au professeur Ingari qui n’a pas eu à adapter ni son style ni ses exigences. « Et c’est génial d’enfin avoir l’occasion de le faire. Le niveau du chœur est extraordinaire. Nous ferons de la musique complexe et dynamique. »

Le professeur Ingari a composé cinq œuvres dont deux grands motets pour chœur à voix égales, orgue et violoncelle : Domine, fac me servum et Cantate Domino ainsi que trois courtes pièces pour violoncelle seul. « En plus, Émilie Fleury (la cheffe de chœur) dirigera mon Dona Nobis Pacem pour chœur et orgue dans un nouvel arrangement pour voix égales ainsi que Soleils couchants pour chœur à voix égales aussi. »

Le concert aura lieu le 2 juin à 20 h 30 dans le cadre de la saison régulière du chœur d’enfants à l’église Saint-Eustache de Paris, située dans le 1er arrondissement au cœur du quartier des Halles.
 

L’ inspiration

 

« Domine, fac me servum : le texte de cette œuvre s’agit de la prière de saint François d’Assise « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix ». Cette œuvre est lente, planante, avec des harmonies riches chantées par le chœur et jouées à l’orgue avec une espèce de contrechant joué par le violoncelle. Mon inspiration était d’écrire quelque chose de sérieux où l’on entendrait la voix des enfants du monde qui chantent avec un caractère poignant, voire pleurant pour les maux du monde. L’œuvre commence en sol mineur et termine quand même en sol majeur – de l’espoir! En fait, le mot « spem » (espoir) est mis beaucoup en évidence dans l’apogée de l’œuvre.

« Cantate Domino : il me fallait écrire quelque chose de joyeux et éclatant pour cette occasion, avec lequel j’aurais du plaisir à travailler avec les jeunes choristes. C’est une musique très spéciale basée sur les superpositions de quartes avec des envolés surprenant à l’orgue et au violoncelle. Il y a une section plus lente dans le milieu où le violoncelle prend sa place le tout menant vers une finale enjouée et dynamique.

« Trois méditations pour violoncelle : Ces pièces sont simples et contrastante. Les premier et troisième mouvements sont lents est introspectifs alors que celui du milieu est plus enjoué et surprenant. Ces pièces ont été inspiré de deux projets que j’avais fait avec Marc-Didier Thirault à Reims où il a joué ma musique et m’a demandé de lui écrire quelque chose de non accompagné qu’il pourrait faire à ces récitals. J’ai sauté sur l’occasion de l’inviter jouer les créations des pièces pour la Maîtrise Notre-Dame-de-Paris et de jouer la création de ces trois pièces également. »

 

Des liens étroits

 

On se doute bien qu’une telle invitation n’est pas arrivée à l‘improviste. Elle est plutôt le fruit d’une collaboration comme compositeur, chef de chœur et professeur et d’échanges établis en France par M. Ingari depuis 2014. « Émilie me connaît de réputation par le biais de son ancienne professeure de direction chorale au Conservatoire supérieur de Lyon, Nicole Corti, avec qui j’avais fait un échange lors d’un long séjour en France en 2015-2016. Précisons que Mme Corti dirigera en 2020 le premier Chœur des jeunes du Québec mis sur pied par l’Alliance chorale du Québec.

À la suite de l’incendie de Notre-Dame de Paris, le programme de subvention de l’État français aux projets de la Maîtrise a été réduit de moitié. M. Ingari considère donc que sa participation est une  « offrande à Notre-Dame de Paris ». 

« C’est l’un des projets qui m’excite le plus parce qu’il établit une relation tant avec le cœur que la musique, précise celui qui se dit très reconnaissant de vivre cette belle aventure musicale. « J’apprends énormément et ça me nourrit comme artiste et comme être humain. Je suis comblé. »

Sa gratitude s’adresse aussi à l’Université de Sherbrooke qui lui offre un soutien indéfectible en ces temps où le professeur déplore que nos gouvernements ne reconnaissent pas suffisamment les compositeurs. Il aime le modèle français pour « sa valorisation du plus bel art qui soit ».

 

L’amour de la musique française

 

On pourrait se surprendre que ce musicien originaire de Boston soit si attiré par la France. Robert Ingari clame son amour pour la langue française qu’il a apprise au Québec et qu’il maîtrise avec grande finesse. « La langue française me permet de m’exprimer émotionnellement. » Cela ne l’empêche pas de se demander, sourire en coin, si les jeunes choristes français ne riront pas un peu de son accent !

De la langue de Molière à la musique des Fauré, Duruflé, Duparc, Debussy, il y a un pas que le professeur a franchi allégrement. « La musique française nous enveloppe tant par sa forme modale que ses lignes mélodiques. C’est un peu ma troisième langue. »  D’ailleurs cet infatigable chercheur perfectionne sa technique de composition avec Philippe Hersant**, qu’il qualifie de l’un des plus grands compositeurs français de musique instrumentale, vocale et chorale. « Il comprend la voix. Cela me permet de libérer ma plume, ça me challenge et me permet d’élargir ma palette. »

Et comme il le fait avec générosité lors de chaque entrevue, Robert Ingari ne tarit pas d’éloges aussi pour les jeunes compositeurs qui enrichissent le répertoire du Chœur de chambre du Québec, tels Louis Desjarlais, Jean-Charles Côté et Guillaume Boulé. « Je veux mettre en valeur leurs compositions fantastiques. »

*https://www.musique-sacree-notredamedeparis.fr/choeur-d-enfants
** https://www.francemusique.fr/personne/philippe-hersant

 

Réal Marchessault, Rédacteur en chef de la Revue Chanter

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