NOTRE-DAME DE PARIS | Le Chœur classique de l’Outaouais se souvient…

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L’expérience s’apparente à un joyau qui scintille dans l’histoire de notre chœur bien que chaque choriste ait certes intimement vécu une expérience unique. Que de prières, de joies et de chagrins chuchotés par ces murs de pierre...

Le Chœur classique de l’Outaouais lors de sa prestation à Notre-Dame de Paris.
Photo Richard Tardif

LE CHOEUR CLASSIQUE DE L'OUTAOUAIS SE SOUVIENT...

Alors que l’incendie de Notre-Dame de Paris secouait le monde, le Chœur classique de l’Outaouais se remémorait avec émotion ce moment magique de mai 2016 où il chantait sous la voute immense de cette cathédrale, en compagnie du Chœur de Volksdorf, un chœur allemand avec lequel il faisait équipe lors d’un séjour choral à Paris et Hambourg. Les touristes en visite, et sans doute quelques Parisiens venus se recueillir, s’arrêtaient pour nous écouter. Ont-ils ressenti l’émotion qui nous étreignait lorsque nous avons entonné le Magnificat de Monteverdi ou le Jauchzet dem Herren alle Welt de Schütz, au point parfois de ne plus rien entendre tellement pesait la grandeur symbolique, spirituelle et physique du lieu. Que de prières, de joies et de chagrins chuchotés par ces murs de pierre.

L’expérience s’apparente à un joyau qui scintille dans l’histoire de notre chœur bien que chaque choriste ait certes intimement vécu une expérience unique. Pour certains, c’était de s’approcher au plus près du sublime et de la transcendance. Pour d’autres s’ajoutait la joie infinie d’entonner une ligne grégorienne se mariant si magnifiquement à l’endroit. Ce pouvait être le privilège de toucher un orgue que tant de grands musiciens avaient fait chanter au fil des siècles ou l’éblouissement de laisser une trace entre ces murs universels. Enveloppés de l’esprit et de la magnificence du lieu, c’est dans un silence méditatif inhabituel que nous avons attendu notre prestation, sagement alignés dans les bancs du chœur. Existent-ils toujours ces vieux bancs de bois ayant accueilli tant de clercs et de chantres?

Tout de l’expérience avait un caractère un peu surnaturel, en commençant par l’entrée par une porte de côté, pour descendre prestement par un rustique escalier de pierres en colimaçon menant à la voute profonde et sans fenêtre qui nous servirait de loge. Nous nagions en plein Moyen-Âge! Un moment fugitif dans l’antichambre de la grâce! Puis, à la sortie, un peu étourdis par l’intensité de ce que nous venions de vivre, nous avons été plusieurs à nous attarder sur le parvis de Notre-Dame, incapables de nous résoudre à quitter les lieux même si une autre prestation nous attendait aux Jardins du Luxembourg. Avec comme toile de fond linteaux et tambours de la façade, nous nous sommes mis à chanter bras dessus bras dessous pour les badauds, qui en redemandaient.

Notre-Dame nous a marqués, comme tant d’autres avant nous et comme elle continuera sans doute de le faire pour plusieurs siècles encore, malgré la blessure qui vient de l’atteindre et de nous atteindre tous. Nous avons tant besoin d’art, de ces manifestations de la capacité humaine de transcendance. Elles nous font vibrer à des sommets incomparables et, pour un, le Chœur classique de l’Outaouais s’en souviendra à jamais.

Micheline Chartrand
Chœur classique de l’Outaouais

 

 

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